La stratégie « Bolder, Simpler, Faster » (Plus audacieuse, plus simple, plus rapide) de l’EIOPA vise à moderniser la supervision financière européenne tout en réduisant la charge administrative. Axée sur l’harmonisation et la proportionnalité, elle s'articule autour de quatre axes majeurs : le renforcement de la résilience opérationnelle et cyber à travers DORA et l'IRRD (avec des simplifications prévues pour 2028), l'encadrement de l'IA et l'usage de technologies SupTech en cohérence avec l'AI Act, l'intégration des risques de durabilité (ESG) sous Solvabilité II sans créer de doublons de reporting, et enfin une convergence accrue via l'unité de supervision et la réduction des exigences pour les petites entités (SNCU).
L'ESMA renforce l'harmonisation de la supervision européenne via ses priorités stratégiques (USSP). Pour les risk managers, la résilience numérique entre dans une phase intrusive : la mise en œuvre de DORA abandonne les questionnaires exploratoires au profit d'inspections sur site, de tests TLPT à large échelle et d'un contrôle accru des risques tiers. Parallèlement, le cycle ESG (2023-2026) s'achève en léguant un cadre d'analyse automatisé via la SupTech et une transition vers la CSRD. Dès 2027, l'attention se portera sur l'encadrement de l'IA et de la tokenisation, plaçant l'intégrité de la donnée au cœur de la conformité.
Le projet de RTS de l'EBA (EBA/CP/2026/18) modernise le cadre du risque opérationnel issu de Bâle III (CRR) en insistant sur la résilience et l'approche prospective. Il instaure une interopérabilité directe avec le règlement DORA pour éliminer les doublons en réutilisant les dispositifs ICT existants. Les facteurs ESG deviennent des moteurs (drivers) de risque devant être intégrés de manière prospective. Sur le plan de la gouvernance, l'indépendance de la 2e ligne de défense est renforcée face à l'audit. Enfin, le principe de proportionnalité applique des exigences accrues (reporting trimestriel, taxonomie obligatoire, stress tests) aux établissements dont l'Indicateur d'Activité atteint 750 M€.
Consultation ouverte jusqu'au 31 décembre 2026.
Le secteur européen de l'assurance conserve une résilience globale avec un niveau de risque maintenu à « médium », porté par une solide solvabilité (groupes à 210 %) et la haute qualité de ses fonds propres (86 % en Tier 1).
Toutefois, le risque lié à la numérisation et aux menaces cyber a été relevé à « Élevé » en raison de l'IA de pointe, de la complexité de la souscription cyber et de la hausse des attaques. L'environnement macroéconomique s'assombrit sous l'effet d'une croissance atone (1,0 %) et d'une inflation en hausse (2,9 %), imposant une vigilance accrue à long terme.
Le rapport final EBA/ITS/2026/02 met en œuvre les nouvelles exigences Pilier 3 ESG prévues par le CRR3. Il étend les obligations de publication à davantage d’établissements via trois niveaux de reporting (complet, simplifié, essentiel) et réduit de 37 % les points de données pour alléger la charge déclarative. Les modèles ESG sont révisés : intégration de la nomenclature NACE 2.1, recentrage du risque physique par pays, nouveaux indicateurs immobiliers et accent sur les émissions financées de Scope 3. Le cadre couvre aussi le shadow banking et les expositions sur actions. Application : fin 2026, puis fin 2027 pour les SNCI.